Mobilité
Résumé :
Pour beaucoup d’habitants des territoires ruraux et péri-urbains la voiture n’est pas un choix, mais une nécessité. Et le vélo, qui apparait comme une solution sur les courtes distances, reste sous-utilisé faute d’infrastructures sécurisées et de moyens financiers. Face à ce qui apparait comme une impasse, la Fondation pour la Nature et l’Homme a cherché à comprendre si un meilleur partage de la route était possible. Avec le cabinet Vizéa, elle a modélisé une méthode pour bâtir un réseau cyclable capable de desservir tous les pôles structurants des territoires périurbains, en priorisant le plus possible la réaffectation de la voirie. Un choix clé pour limiter les coûts et l’artificialisation des sols comme en témoignent les enseignements qui ressortent de ce travail prospectif réalisé sur la base de 3 territoires.
En moyenne, il suffirait de mobiliser environ 3,5 % du réseau routier pour donner durablement plus de place au vélo.
Les itinéraires se répartiraient comme suit :
– 50 % de tronçons de voirie réaffectables en l’état, ne nécessitant aucun aménagement complémentaire.
– 25 % d’infrastructures déjà existantes, à valoriser ou à connecter au réseau ;
– 25 % d’aménagements plus lourds, comme le revêtement de chemins, la transformation de tronçons de départementale ou la création de zones 30 en centre-bourg.
Quel est le coût estimé de ce réseau cyclable par rapport aux pistes classiques ? Selon l’étude, cette méthode permettrait de construire le réseau nécessaire pour un coût situé entre 10 et 15 millions par territoire, soit entre 12 et 18 milliards d’euros à l’échelle nationale. À titre de comparaison, la création de pistes cyclables classiques (création de nouvelles voies) coûterait entre 54 et 108 milliards d’euros.
Quel est l’impact environnemental de cette méthode en termes d’artificialisation ? En privilégiant la réaffectation des routes existantes, cette méthode génère 40 fois moins d’artificialisation des sols que l’aménagement de pistes cyclables classiques, préservant ainsi la biodiversité et les terres agricoles.
Quels sont les critères pour qu’une route soit réaffectée au vélo ? Les tronçons sélectionnés doivent être structurants (relier des pôles), situés hors zones urbaines denses, avoir une vitesse moyenne inférieure à 60 km/h pour la sécurité, et être composés d’une ou deux chaussées (incluant chemins et routes empierrées).
`Quel impact sur les émissions de CO2 est attendu ? Si 50 % des actifs ayant un trajet domicile-travail de moins de 5 km passent au vélo grâce à ce réseau, cela permettrait une réduction de 1,2 million de tonnes équivalent CO₂ par an, soit les émissions annuelles de plus de 600 000 voitures.
